Je ne rentre pas dans les moules

je-ne-rentre-pas-dans-les-moules

 

 

Être dyslexique et lectrice boulimique, étaient déjà assez originales en soit. Mais dernièrement, je me suis rendu compte que décidément, je ne rentre pas dans les moules. Il faut croire que je suis née pour être une enfant rebelle qui n’en fait qu’à sa tête.

Lorsque je suis devenue veuve, il y a bientôt 3 ans. Sur un coup de tête, après la lecture du livre, la semaine de 4 heures, je suis partie pour un tour du monde. Pensant ainsi réaliser le rêve que nous avions avec mon mari. Pour finalement m’apercevoir un mois plus tard, que l’on ne pouvait pas vivre les rêves des autres. Je suis donc rentrée chez moi.
Je vous entends d’ici dire que faire un tour du monde, ce n’est pas ce que l’on peut qualifier de “rentrer dans le moule”. Peut-être pas pour ma génération, mais pour les 18 – 30 ans de nos jours, cela semble être une norme. Je connais un nombre incalculable de jeunes qui vivent avec leur baluchon sur le dos, à la découverte du monde.


 

“C’est quoi rentrer dans le moule ?”

 


Alors c’est quoi, rentrer dans le moule ? Voilà une question intéressante. Si je me fis à mon éducation, c’est de “passer son bac d’abord”, “trouver un bon métier”, ce qui se traduit par, fait un métier qui paye bien et qui est plus valorisant que celui du fils de la voisine, ou que ceux de tes cousins, cousines. Ce n’est pas grave si tu n’aimes pas ce que tu fais, du moment qu’il enrichisse ton compte en banque. “Tu ne t’épanouis pas dans ton travail ? Mais ma pauvre chérie, un travail n’est pas fait pour qu’on s’y épanouisse. Ca se saurait !”

Évidemment, cela ne suffit pas, il te faut ensuite trouver un(e) partenaire, avec les mêmes critères que précédemment. Pour un peu, les parents demanderaient un extrait de casier judiciaire pour être certains que leurs enfants tombent sur des personnes “fréquentables”.

Seulement alors tu peux te permettre d’avoir des enfants.
On est “victime” des choix que l’on fait.

Depuis mon retour, je me suis posé bien des questions. Je me suis remise en question bien souvent. Sans négliger un seul des aspects de ma vie. Je ne me suis pas forcée à être une épouse exemplaire, et je suis certainement une mère imparfaite. Je me suis demandé ce qu’allait être ma vie, maintenant.

J’étais soudain passé d’un appartement où vivait une famille de trois personnes totalement fusionnelles, à un grand appartement vide, où ma voix se répercutait en écho sur les murs. J’ai eu le sentiment de tomber dans un gouffre immense, j’étais à la fois totalement libre, et totalement seule. Mon fils avait quitté le nid familial pour créer le sien. Je pouvais donc faire tout ce que je voulais, quand je le voulais.
Moi qui rêvais de liberté depuis ma plus tendre enfance, je voyais cette dernière m’exploser en pleine figure. Cela faisait 5 ans que j’avais cessé de travailler pour être auprès de mon mari dont la santé déclinait.

 

Un soir que je cherchais, je ne sais plus trop quoi sur YouTube, je suis tombée sur une vidéo d’Olivier Roland, annonçant qu’il avait déménagé avec seulement 7 cartons. Un choc, rien que pour mes livres, il me fallait le double, voir le triple. J’appris ainsi ce qu’était le minimalisme. Je m’y retrouvais totalement, car depuis 2011, année où je suis partie de Vézelay, jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, je prônais déjà le fait que tout ce que nous avions besoin pour vivre, tenait dans un sac à dos.

 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Ma vie dans Suzie, ma Tiny caravane, un an plus tard je vous ouvre les portes

J’apprenais également qu’il était possible de vivre de son blog, alors que le mien (Mickaéline et ses livres) malgré un bon référencement et une bonne audience ne me ramenais rien. Olivier Roland venait de sortir la première version de son livre, “Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études”, pour l’occasion, il venait à Lille pour une séance de dédicaces. En bon bélier, j’ai foncé tête baissée tout droit à la gare prendre un billet de train pour aller à sa rencontre.

 

 

“Le monde du travail ne veut pas de moi, qu’à cela ne tienne, je deviendrais infopreneuse”.

je-ne-rentre-pas-dans-les-moules

Quand vous choisissez de cesser toutes activités professionnelles pour rester au chevet de votre mari, il ne faut pas vous étonner si à 45 ans le marché du travail vous tourne le dos. Ma petite cigale que faisiez vous pendant ces 10 années ? Rien et bien continuez !

Ah oui, vous ne le saviez pas encore ? Les mères aux foyers, les épouses et parents complétement dévoués au(x) membre(s) de leur famille qui nécessite une présence constante, ne font rien, c’est bien connue.

“Vivre de sa passion”, je ne connais pas plus beau métier. C’est ce que promettait la formation que j’ai suivie. Hors ma passion ne serai pas des plus rentables apparemment. Ah d’accord, non parce que moi, je croyais que ça venait uniquement du fait que je n’avais jamais essayé d’en vivre. Heureusement, je me retrouvais avec une liste de dix passions et intérêts, que j’avais en élève modèle consciencieusement établie.
Seulement j’ai beau être curieuse de nature, et m’intéresser à pleins de choses, je finis invariablement par revenir à ma seule et unique grande passion, la lecture.

 

“Pourquoi se contenter de vivre une vie, quand on peut en vivre plusieurs”.

 

je-ne-rentre-pas-dans-les-moules
Non seulement, on apprend beaucoup de choses dans les livres, mais en plus, si le livre est bien écrit, on s’identifie complétement au héros ou à l’héroïne. Ce qui nous permet de vivre plusieurs vies en une.

 

Très jeune je me suis tout de suite rendue compte que le monde salariale n’était pas fait pour moi. Trop indépendante, trop besoin de liberté pour que cela fonctionne entre nous. Mais rester inactive, n’était pas pour moi, non plus.
Voilà pourquoi essayer de vivre de mon blog ne me faisait pas peur.
Quand tu es épris de liberté, un moule, c’est très étroit.

 

Un matin, je me suis regardée, droit dans les yeux, dans le miroir de la salle de bain. “Et maintenant, on fait quoi fillette ?” La réponse était évidente, j’avais deux solutions. Soit je me contentais de survivre, soit je décidais de vivre, en créant ma vie parfaite. Bil Gates, vivait comme si chacun de ses jours était le dernier. Je décidais d’en faire autant.

 

 

Vivre comme si chaque jour était le dernier.

 

je-ne-rentre-pas-dans-les-moules
Je suis certaine qu’à l’évocation de cette phrase, j’ai deux catégories de lecteurs devant moi. Les optimistes, et les pessimistes. Vivre chaque jour comme si c’était le dernier, c’est un peu comme l’histoire du verre à moitié vide, ou à moitié plein. Pour ma part, je décidais, de virer de mon existence tout ce qui me causait du stress inutilement.
Mon appartement était une grande source de stress, 65 m2 pour moi toute seule, et pleins de souvenirs. J’adorais mon appartement, mais je ne supportais plus mon abrutie de voisine. ( et encore, s’il n’y avait qu’elle.) Je connaissais parfaitement l’endroit qui me convenait, et pour cause, j’y revenais régulièrement, chaque fois que j’avais besoin d’une pause anti-stress dans ma vie trépidante. Il n’y avait qu’un hic, mes parents habitaient l’endroit de mes rêves. Hors de question de vivre avec eux ! Je ne renonçais pas pour autant. C’est ainsi que je leur ai imposé
ma caravane, sur leur terrain, et que je vis bien plus heureuse, dans mon 12 m2 que dans mon grand appartement vide. Quand tu vis en caravane, évidemment, tu deviens plus minimaliste, mais ta vie ralentie également, pas dans le sens, moins intéressante, mais bien dans le sens prendre son temps. J’ai ainsi découvert le slow life.

Une idée folle

Je vous parle souvent de cette fameuse vie fantasdys, qui est la mienne depuis que j’ai fait tous ces choix.

Si vous me suivez sur Instagram vous savez également que j’aime sortir au restaurant.

Dernièrement, alors que je mangeais dans mon préféré, je me suis aperçue que la patronne était tellement fatiguée, qu’elle avais perdu en près d’un an pas loin de 10 kg. A force de venir, nous avons un peu sympathisé, elle s’est alors confiée, nous avouant à mes parents et moi, qu’elle n’arrivait pas à trouver une serveuse. Alors, bien que  j’avais déjà une activité qui se développais plutôt bien. Sur une impulsion je lui proposais de l’aider le temps qu’elle trouve quelqu’un de compétent.

Parfois j’aimerais être un peu moins bélier et prendre le temps de réfléchir, avant d’agir. Car je n’ai pas vu le coup se faire. En quelques jours je me suis retrouvées, à la fois infoproneuse, et serveuse avec un contrat CDI, alors que je n’étais venue que pour quelques jours, voir quelques semaines. La restauration est un milieu que je connais bien, puisque après mon bac, j’ai décidé de faire un CAP en hôtellerie restauration (quand je vous dis que je n’aime pas les moules), seulement je l’avais arrêté il y a  22 ans, je n’y étais pas assez libre.

Le pire dans tout ça, c’est que je n’ai pas l’impression de travailler. Même si je n’arrête pas. Mon besoin de liberté est pleinement assouvis. Ma patronne sait que je ne cesserais pas mon entreprise du net, elle m’a aménagé mes horaires en conséquence. J’ai également la possibilité de prendre les jours dont j’ai besoin pour assister aux événements. Comme les invitations pour les sorties livresques et autres.

Oui je travaille beaucoup, mais j’ai surtout l’impression de beaucoup m’amuser. Je mène depuis un mois bientôt, une double vie, à la fois salariée et patron. Le fait d’exercer une activité salariale sans réel besoin financier, me permet de ne pas “subir” la contrainte que j’ai pu avoir 20 ans plus tôt. Puisque cette paye n’est pas vitale à mon existence. Elle me permet juste de m’épanouir un peu plus. Mon cerveau n’arrive pas à capter que je suis bel et bien employée, et non juste de passage. N’ayant aucune pression, j’ai plus le sentiment de venir les aider qu’autre chose. N’oubliez pas que je suis dyslexique Smile with tongue out

Et le slow life dans tout ça?  Me direz-vous. Croyez le ou non mais j’arrive malgré tout à prendre le temps de prendre le temps.

Le milieu de la restauration, est un monde trépidant surtout à l’heure du service, si on y fait pas gaffe on a tôt fait de retomber dans le stress. Cela m’est arrivée quelques fois au début, surtout parce que le fils des patrons est dans une optique complétement différente de la mienne. Il prône le 5 mn chrono. 

Ce qui me fait le plus plaisir, c’est qu’en quelques semaines, j’ai vu mes clients, commencés à se détendre, à prendre plus de temps pour engloutir leur assiette. Comme si ma propre décontraction les rassuraient, les mettaient à l’aise.

 

Une rebelle intelligente

je-ne-rentre-pas-dans-les-moules

Je suis certes une rebelle, mais une rebelle intelligente, j’ai réussi à imposer ma liberté à mes nouveaux patrons.

Cependant rebelle un jour, rebelle toujours. J’ai beau aimé mon travail de blogging, et “coach” dans le domaine de la dyslexie, je ne veux pas taire la part de lectrice compulsive qui est en moi. Je perdrais sans doute une partie de mon audience, mais au moins je me ferais plaisir. Malgré tout ce que j’ai appris lors de ma formation de blogueuse, malgré que ma passion ne soit pas rentable, j’ai envie de la vivre pleinement. Car j’ai envie de faire ce qui me rend heureuse. Le plus fort dans l’histoire, c’est que si ma passion ne me rapporte pas un rond, mon activité de serveuse, me permettra de gagner l’argent pour assouvir mon activité du net. Open-mouthed smile

Non décidément je n’arrive pas à entrer dans un moule. J’ai un double emplois sans en avoir financièrement besoin. Un blog à deux têtes, parce qu’il est aussi important pour moi, de vous parler des troubles dys que de vous parler de lecture. Aussi étrange que cela puisse paraître, je n’ai jamais été aussi heureuse, depuis très longtemps.

Je ne suis pas sûre de beaucoup de choses dans la vie, mais je sais que je n’ai pas envie de taire ma personnalité. Je suis unique. Tout comme vous. J’ai réussis à me créer une vie fantastique, n’oubliez pas que vous pouvez créer la votre également.

J’ai choisi de parler de ma particularité d’aller à contre-courant, afin de vous aider à vous questionner, aimez vous ce que vous faite ? Avez-vous des rêves que vous croyez impossible, ou que vous n’osez pas réaliser car “ça ne se fait pas”. Sachez cependant que c’est ce que l’on fait en accord avec ce que l’on est, et ce qui nous correspond qu’on trouve le bonheur.

Dans un monde où vous pouvez être n’importe qui, soyez  vous-même. Complétement et entièrement.

 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Ma vie dans Suzie, ma Tiny caravane, un an plus tard je vous ouvre les portes

Merci de prendre quelques secondes, afin de me dire, si vous aussi vous ne rentrez pas dans le moule, là juste en dessous Winking smile

Trop timide ? Un partage de l’article me fera tout autant plaisir, et vous permettra d’aider d’autres fantasdys.

En attendant le prochain article, retrouvez moi sur

InstagramFacebookTwitter  ● Youtube

Partager l'article :
  •   
  •   
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *