Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, comment le mettre en pratique

 

Vous le savez peut-être si vous me suivez depuis un certain temps, je suis une lectrice boulimique. Pire jusqu’à ce que je décide de me spécialiser et défendre la littérature jeunesse, je lisais tous les genres confondus. Avec ce recul de lectrice passionnée je connais l’importance que les livres peuvent avoir sur nous. Il n’est donc pas étonnant que des disciplines comme la bibliothérapie ait vu le jour.

 

Sans en venir jusque-là, les rayons de livres “pratiques” fleurissent, c’est parmi ces derniers que se trouve le livre “parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent.”

Je trouve ce livre tellement inspirant que j’ai eu envie, non pas comme d’habitude, de vous en faire un bref résumé avec mon avis détaillé, mais un vrai article chapitre par chapitre. Car au fil de ma lecture, je me disais, “ça, ça mérite d’être détaillé et faire un article”, alors quitte à vous faire de petits articles récapitulatifs,  autant vous en faire un grand détaillé Winking smile

 

Généralité du livre

 

 

Auteur : Adele Faber et Elaine Mazlish

Edition : Aux Editions du Phare

Date : octobre 2012 pour mon édition

Nombre de pages : 408

Prix : 24 €

 

Présentation de l’éditeur :

Pourquoi se quereller avec les enfants quand il est possible de faire autrement ? Basé sur de récentes prises de conscience en psychologie, ce livre présente des façons innovatrices de résoudre les problèmes qu’on rencontre dans toute relation parent-enfant. Il met de l’avant une approche lucide, sensible et respectueuse, qui entraîne moins de stress et plus de gratification pour les parents comme pour les enfants. On y trouve des techniques à la fois concrètes, pratiques et surtout efficaces. Ça fonctionne, les résultats sont là! De charmantes bandes dessinées illustrent comment les habiletés de communication s’appliquent dans la vie quotidienne. Les parents apprennent comment : s’y prendre avec les sentiments négatifs de l’enfant, ses frustrations, ses déceptions, sa colère, etc. ; susciter le désir de coopérer ; mettre des limites fermes tout en maintenant un climat d’ouverture ; éviter le recours à la punition ; favoriser l’image positive de l’enfant ; résoudre les conflits familiaux dans une atmosphère de calme.

Pourquoi ce livre :

Ce livre prenait la poussière dans ma bibliothèque depuis des années, au moins 4 ou 5 ans, lorsque j’ai fait du tri dans cette dernière je l’ai gardé en me disant que j’y trouverais peut-être un ou deux trucs utiles pour aider les parents d’enfants DYS. Même si j’avais conscience que ce livre s’intéressait à la communication Parent-Enfant de manière générale. Je n’ai pas trouvé un ou deux trucs, mais comme je vous le disais plus haut, j’y ai trouvé une mine d’or, tout simplement. Je comprends maintenant pourquoi il revient régulièrement sur le devant de la scène dans les librairies, et pourquoi il fait partie des livres les plus commandés d’Amazone dans sa catégorie.

 

Voyons en détail cette pépite.

 

Les thèmes abordés dans ce livre :

Table des matières :
Chapitre 1 : Aider les enfants aux prises avec leurs sentiments
Chapitre 2 : Susciter la coopération
Chapitre 3 : Remplacer la punition
Chapitre 4 : Encourager l’autonomie
Chapitre 5 : Utiliser les compliments
Chapitre 6 : Aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s’épanouir (ou comment décoller les étiquettes)
Chapitre 7 : Réunir toutes ces connaissances

 

Chapitre 1 :

Lorsque vous parlez, vous aimez qu’on vous écoute. C’est tout bête hein . Eh bien figurez-vous, qu’il en va de même avec vos enfants. Tout comme vous, ils aiment qu’ont les écoutent.
Le premier conseil que je peux vous donner à la suite de ma lecture, afin d’harmoniser vos relations, avec votre enfant c’est de commencer par l’écouter vraiment.
Pour cela les auteures nous proposent d’arrêter nos réponses négatives. Négation de l’affirmation de l’enfant, minimisation, ou encore les réponses bateaux empreintes de philosophie.

 

Nier le sentiment de l’enfant :

 

Si vous saviez le nombre de fois où mes parents m’ont fait ce coup. Si bien que l’autre jour, alors que je préparais les tables pour le service de midi, (depuis quelques mois j’aide une amie, dans son restaurant). J’ai subitement eu faim, mais une vraie faim, et pas juste une envie de manger. Je me suis dit “ça va pas non, tu as vu ce que tu as mangé au petit déjeuné !” J’avais juste oublié que lors de ce fameux petit déjeuner je m’étais remplie de sucre rapide, et non lent.

Dans le même genre, n’avez-vous jamais dit à vos enfants, ou entendu vos parents vous dire “tu vas pas me dire que tu as faim, on sort tout juste de table !” Je l’ai entendu très souvent, mais ils semblaient à chaque fois oublier que j’avais mangé moins qu’eux parce que je suis hyper longue à manger, et que par conséquent je mangeais très peu pour ne pas les voir s’énerver à m’attendre.

Minimiser ce qu’il exprime :

En répondant, “ce n’est rien, ça va passer”, la préférée de mes parents, “ce n’est pas grave tu vas pas en faire tout un plat”. Ben oui, parfois ce qui paraît insignifiant pour vous, peut avoir une vraie importance pour votre enfant. Souvenez-vous du dernier affront (même minime) que vous avez eu de la part d’un proche, d’un collègue, ou d’un chef. Pour tous les autres “ce n’est rien”, mais pas pour vous, vous avez sans doute ruminé cela pendant des heures, peut-être même des jours. Aujourd’hui peut-être qu’en y repensant vous vous dites qu’effectivement ce n’était pas bien méchant, mais pas sur le moment. Pour l’enfant c’est pareil. Il ne souffre pas moins parce qu’il est plus petit ou plus jeune.

Les réponses philosophique :

 

Comme beaucoup lorsque j’étais ado je gardais des enfants pour me faire de l’argent de poche pour payer mes loisirs et mes livres (eh oui déjà). J’ai gardé pendant 3 ans de suite une enfant tous les week-ends et pendant chaque vacance scolaire, la petite Élodie (c’était son prénom) répondais régulièrement à chaque réflexion que je pouvais faire, “c’est la vie, tu sais.” Pourquoi ? Non pas qu’elle soit la réincarnation d’un sage bouddhiste, mais juste parce que son père lui répondait systématiquement “Tu sais dans la vie on ne fait pas ce qu’on veut”, où, “l’avenir nous le dira”.

 



Je vous entends déjà me dire, “c’est bien beau, mais on fait comment alors ?”

 


Car oui, on a tous été plus ou moins dans notre enfance confronté à de tels agissements de la part de nos parents.
Eh bien pour remédier à cela les auteures nous proposent de nous mettre à la place de nos enfants (et ça tombe bien puisque nous y avons été). Donc soyons plus empathique.

 

Pour y arriver les auteures nous recommandent 4 principes : Écouter avec attention, répondre par une parole seulement, donner un nom au sentiment, lui accorder ce qu’il veut dans l’imaginaire.

 

Écouter avec attention :

Nous sommes dans une société, où il n’a jamais été aussi facile de communiquer. Pourtant si vous saviez le nombre de familles qui vient s’installer à une table du restaurant, et qui se connecte immédiatement à leur téléphone portable. N’allez pas croire que les adultes soient les derniers. Combien de fois j’ai entendu des enfants raconter leur journée, pour toute réponse les parents se contentaient d’un “hum”, même pas certaine qu’ils aient vraiment écouté.

Ne vous donnez pas bonne conscience en écoutant d’une oreille distraite le petit dernier alors que vos faites réviser sa table de multiplication à l’aîné. Vous ne serez pas plus attentifs.

 

 

Répondre par une parole seulement:

si vous voulez que votre enfant se confie à vous, ne commencez pas à vouloir analyser d’emblée ses paroles, mais essayez d’aller au cœur du problème en rebondissant sur ce qu’il vient de dire, par un simple mot d’encouragement. (Eh oui, c’est la même technique que lorsque vous voulez montrer à un tiers que vous vous intéressez à ce qu’il dit et fait).



Exemple
: la semaine dernière le petit dernier de mon amie, est venue vers elle en lui disant, “Maman, mon frère est vraiment péniibleee”, mon amie lui a sourit et dit, “ qu’est-ce que tu lui as fait. Erreur fatale, il s’est mis à bouder et a murmuré un “mais euh”. Sur ce, je lui ai dit “pourquoi ?” Il a commencé à me dire que son frère n’arrêtait pas de lui dire qu’il n’était qu’un bébé qui avait peur de tout. “vraiment ?” Là, il a fini par admettre que son frère voulait l’embêter, et que ce qui l’énervait en réalité était qu’il avait un peu raison et que parfois il avait peur des choses.

Si vous leur en donnez la possibilité, les enfants analyseront les situations d’eux-mêmes, il est important qu’ils arrivent à définir les émotions qui les habitent à ce moment précis.

 

Donner un nom aux sentiments :

Si je reprends l’exemple ci-dessus, je lui ai demandé “Cela te rend triste ?” mais j’aurais pu également dire, “Il y a de quoi être en colère”, etc.

 

Lui accorder ce qu’il veut dans l’imaginaire :

Je dois reconnaître que c’est la partie qui m’a le plus posé problème, je ne voyais pas en quoi le concept pouvait être efficace. L’autre jour Emre (8 ans) en voyant des macaronis sur une publicité demande à sa mère s’il peut en avoir pour le soir. Alors qu’elle lui oppose un refus indirect, je lui demande comment il aimerait les manger, aussitôt nous avons imaginé une recette hyper détaillée, mais bien entendu, il n’a pas eu de macaronis au dîner, d’ailleurs il n’y pensait même plus.
Une autrefois, alors qu’il geignait après une chute avec son skate, après vérification, qu’il ne s’agissait que d’un petit bobo de rien du tout, je fis semblant de le nettoyer et de lui appliquer un pansement, en décrivant les pouvoirs de ce dernier. Il est parti tout fier montrer son pensement imaginaire à ses parents.

J’étais sceptique mais maintenant je sais que ça marche, aussi incroyable que cela paraisse.

 

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On nous y parle également de l’importance de faire dessiner les sentiments aux enfants. Mais je reviendrais prochainement sur ce processus en détail dans un prochain article.

 

Chapitre 2 : Susciter la coopération

 

Dans ce chapitre les auteures nous mettent en garde contre l’abus d’ordre. Il faut bien reconnaître que si nous n’aimons pas être commandés, nos petites têtes blondes non plus. Les : mets-toi en pyjama, range ta chambre, ne laissent pas traîner tes jouets, ont autant d’effets qu’une goutte d’eau en pleine mer. Souvent on finit par une dispute et de l’énervement d’un côté comme de l’autre.
Alors qu’on obtient de bien meilleurs résultats avec la méthode, qui consiste à laisser croire à l’enfant que l’action vient de lui. Avant la lecture de ce livre, j’employais déjà cette méthode avec mes petits apprenants, et les enfants de mon entourage. (Oui je regrette sincèrement de ne pas avoir suivi cette technique lorsque mon fils était petit).

 

Psitt :

cette technique marche également très bien avec les adolescents (testés et approuvés) et les adultes, je l’avais découverte l’an dernier suite à ma lecture du livre “comment se faire des amis”.

 

 

Pour y arriver, vous avez en votre pouvoir 5 astuces.

 


1. Décrire ce que vous voyez, ou décrire le problème.
Ex : Je vois un parapluie mouillé qui s’égoutte sur le tapis de l’entrée.


2. Donner de l’information
Ex : Oh le tapis de l’entrée est tout mouillé à cause d’un parapluie qui n’a pas été mis à sa place.


3. Le dire en un mot
Ex : le parapluie


4. Décrire ce que l’on ressent
Ex : J’ai bien peur que le tapi finisse par moisir avec toute cette eau, ce serait vraiment dommage


5. Écrire un mot
Ex : Merci de ranger vos parapluies ici que l’on colle sur, ou au-dessus des ranges parapluies.

Emre adore faire du skate, le seul souci, c’est qu’il adore également traverser le restaurant avec son skate. Plus sa mère lui demande de ne pas le faire car cela laisse des traces, plus il le fait.
Hier je venais juste de laver la salle, lorsque de bien entendu il a commencé à traverser la salle avec son skate.
Je me suis alors écrié : “oh non, mon sol ! Je viens juste de le nettoyer” évidemment mon ton et ma tête on prit un air catastrophé. Emre est aussitôt descendu de son skate, qu’il a pris dans ses bras pour traverser le restaurant afin de jouer dehors.

 

 

Chapitre 3 : Remplacer les punitions

 

C’est sans aucun doute le chapitre qui va créer le plus de polémique, sinon au sein du couple, au sein même des familles. Comment je peux être aussi catégorique ? Tout simplement parce que je n’ai jamais cru aux punitions et je pratiquais déjà ce genre de comportement avec mon fils. J’avais la chance d’être soutenu par mon mari sur ce point, mais le reste de la famille, trouvais tour à tour que j’étais soi trop laxiste, soi trop sévère. Il faut dire que parfois la nuance entre punition et conséquence de ses actes peut paraître infime, et que si l’on n’y prend pas garde, on inflige une punition directe.

Comment faire la différence entre conséquences de ses actes et punition. Une punition émise directement peut parfois être perçue comme injustifié aux yeux de vos enfants. Alors qu’en intervenant sur les conséquences de ses actes vous l’obligez à prendre ses responsabilités, afin de corriger l’acte en question.

Ex : J’ai une amie que j’aime beaucoup (normale puisque c’est une amie) mais comme elle travaille énormément et élève seule ses enfants, elle a tendance à laisser l’aînée faire la pluie et le beau temps. Si bien qu’il ne se passe pas une journée, sans que la plus jeune se fasse punir à la place de l’autre ou à cause de l’agissement de la plus grande. Dans ce cas précis ce sont des punitions, et pour le coup totalement injustifié.

La semaine passée la plus grande a cassé l’écran du portable de sa mère en voulant prendre quelque chose sur le buffet. Comme elle peinait à l’attraper, elle a fait glisser l’objet en question (je ne me souviens plus de quoi il s’agissait) ce dernier a entraîné dans sa chute un bibelot qui est tombé pile sur l’écran. Sa mère ne lui a rien dit. Alors que lorsque la plus jeune qui était en train d’aider une voisine est arrivée en retard, elle lui a interdit de prendre son ordinateur, car elle n’était pas arrivée à l’heure. Dans ce cas précis c’est une punition.

Autre exemple : mon fils était désespérant avec sa chambre. Il aimait vivre dans le chaos et le désordre. (ça rappelle quelque chose à quelqu’un Winking smile )Remarquez ça n’a pas beaucoup changé, mais au moins il n’est plus sous mon toit. Inutile de vous préciser que les “ranges ta chambre, sinon tu vas être puni” ne servait à rien. Ma mère qui n’était pas d’accord sur ce point avec moi, utilisait cette méthode et finissait par ranger la chambre dès qu’il était parti.

Non, moi je me contentais de lui dire, si tu n’arrives pas à ranger toutes tes affaires c’est sans doute que tu en as de trop. Je vais avoir un peu de temps disponible demain, laisse au sol tout ce qui ne te sert plus, on les mettra à la poubelle. La première fois que je lui ai dit ça, il ne m’a pas cru, résultat avec son père on a pris de grands sacs poubelle pour tout mettre dedans. Depuis c’est lui-même qui allait chercher les sacs, et jetais ce qui lui était inutile. (Que voulez-vous, j’étais déjà minimaliste, mais je l’ignorais).
Les auteures vont plus loin en vous incitant à employer le vieil adage “ il vaut mieux prévenir que guérir”, ce qui veut dire ici, qu’il vaut mieux anticiper les problèmes que d’en venir à sévir. On est d’accord, plus facile à dire qu’à faire. Le chapitre précédent sur la coopération est un bon point de départ, mais il ne fera pas tout.

 

Pour y parvenir, il vous faudra également :

 


1) exprimer fortement votre désapprobation (sans pour autant cataloguer l’enfant) : Je n’apprécie vraiment pas qu’on abîme mes affaires.


2) Indiquer ce que vous attendez de l’enfant : lorsque je te fais confiance en te prêtant mes affaires, j’attends en retour que tu les remettes à leur place dès que tu as fini de les utiliser.


3) Montrer lui tout simplement ce que vous attendez de lui, en lui montrant comment le faire.


4) Donner lui le choix : si tu veux vraiment manger cette glace, il vaut mieux que tu le fasses dans la cuisine. Ou continuer à jouer sur mon ordi mais pas manger de glace.


5) passer à l’action : OK je vois que tu préfères prendre une glace alors je range l’ordi.

 

 

Ce cas de figure arrive très souvent lorsque je reste au restaurant toute la journée. Pendant ma coupure, je travaille sur le blog. Emre sait qu’après il peut jouer ou regarder des vidéos, je n’y vois aucun problème. Sauf s’il le laisse sans surveillance ou qu’il veut manger des frites ou des glaces. Dans ce cas je lui retire immédiatement l’ordinateur afin de le ranger pour le restant de la soirée.
J’avoue que cela peut correspondre à une punition, mais en fait je le laisse acteur, je ne lui impose rien. Il l’a très bien compris, et me dit de lui-même “tu peux ranger ton ordi si tu veux, là j’ai envie d’une glace. Ou maintenant je préfère faire autre chose alors je ne vais pas le surveiller.”

 

Bien évidemment cela ne s’est pas mis en place tout de suite, il m’a fallu lui redonner les deux possibilités, plusieurs fois. Je me suis même appuyé sur la méthode préconisée par les auteures.


1) je lui ai d’abord demandé qu’il m’explique pourquoi il voulait mon ordi, et pourquoi il préférait manger devant.(j’ai écouté ses sentiments et ses besoins).
2) je lui ai ensuite expliqué, que mon ordi était mon outil de travail, et que je ne voulais pas l’abîmer, car il était neuf et que cela coûtait cher, alors que je tiens à en prendre soin, et que moi-même je ne mange pas, ni ne bois devant mon ordi. (Parler des sentiments de l’adulte)
3) on a cherché des solutions qui nous conviennent à tous les deux. Je range mon ordi, mais il sait où il se trouve, et s’il en a de nouveau envie, il peut me le réemprunter dans les mêmes conditions, il sait que je lui fais confiance, mais que s’il ne fait pas attention, je le range immédiatement, pour le restant de la soirée.
4) on a tout marqué sur une feuille, comme un contrat scellé entre nous. On l’a relu pour être d’accord, et lorsqu’il y a un écart on le lit ensemble. (Heureusement cela n’est arrivé qu’une fois, et c’était parce qu’il se sentait plus fort en la présence de son frère cadet.)

 

Depuis que j’ai mis en place cette méthode avec Emre, il agit de même avec son frère aîné et sa mère, lorsque je n’ai pas mon ordi, il prend la tablette du restaurant, la repose à sa place lorsqu’on en a besoin pour une addition, ou dès qu’il a fini de s’en servir, ainsi fini les cris pour le faire obéir.

 

Chapitre 4 : Encourager l’autonomie

Honnêtement sur ce coup-là j’étais un petit peu prétentieuse. Me croyant non pas parfaite, ou incollable, mais largement à la page. J’ai toujours pratiqué cette méthode. Non pas que je sois une mère laxiste comme m’en accusait la mienne, mais tout simplement parce que ma grand-mère m’avait répété, mainte et mainte fois, que l’on ne faisait pas des enfants pour soi, et qu’il fallait agir avec eux, comme les mères oiseaux avec leur petit, et leur apprendre très vite à sauter du nid.
Aussi j’ai appris très vite à Jonathan à s’autogéré. Au début je l’ai aidé à préparer son sac d’école, puis, je lui ai montré comment le faire, et enfin, en fin de CP il le faisait lui-même. Je me contentais de lui demander s’il l’avait fait, ou s’il avait fait ses devoirs. Bien évidemment j’étais là pour l’aider s’il en ressentait le besoin, mais je ne lui imposais rien.

 

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S’il oubliait un cahier, un livre, ou encore n’avait pas fait ses exercices il en assumait les conséquences. Eh oui, on revient ici sur ce qu’on a vu au chapitre précédent.
C’est d’ailleurs le premier axe conseillé : laisser les enfants prendre des décisions. Attention, on ne vous demande pas non plus de l’obliger à prendre de grandes décisions, dès le départ, mais en l’habituant petit à petit, afin qu’il puisse s’affermir. Ainsi vous pouvez lui demander quel pantalon il souhaite mettre, (quelle jupe). Ce qu’il préfère pour le dessert entre la compote et le yaourt. C’est trois fois rien, mais ça l’aidera tout au long de son développement à prendre des décisions.

 

 

 

Deuxième acte, (et c’est là que ma fierté en a pris un coup) Respecter les efforts de l’enfant.


Si j’ai toujours encouragé les efforts des enfants, j’ai pris une claque en m’apercevant que je m’y prenais souvent (très souvent) mal. Je m’explique, j’ai tendance à minimiser la “tâche” afin de réconforter l’enfant, pensant qu’ainsi cela lui serait plus facile. les “ce n’est rien tu verras”, et les “c’est facile, tu verras”, que j’utilisais, au lieu de les aider, renforçait leur angoisse. C’est ballot tout de même. Si j’avais su.


En fait je ne m’étais jamais dit que s’il n’y arrivait pas, c’était justement que parce que pour lui, cela n’est pas si évident que ça. Pour le coup j’ai vraiment manqué d’empathie.
Depuis j’essaie de m’améliorer (vaut mieux tard que jamais). Maintenant à Émeric lorsqu’on va à la piscine je lui dis, “ah effectivement ce n’est pas toujours évident de bien mettre la serviette sur la barre pour qu’elle ne tombe pas” ou à Emre s’il veut m’aider, “parfois c’est plus facile lorsque l’on commence comme ceci”. Le terme “parfois” est rassurant, il n’est pas obligé d’y arriver à tous les coups.

 

 

Troisième acte : Pas trop de question.

 

Alors là j’ai tout faux, et beaucoup, beaucoup de travail à faire pour m’améliorer, même aux clients aux restaurants, j’en suis arrivée à leur dire “oui, je sais je pose beaucoup de questions”. Je sais que les enfants ont besoin de leur jardin secret et que de toute façon ils finiront par raconter ce qu’ils veulent bien dire. Alors on oublie les “t’as fait quoi ?”, “t’as vu qui ?” “Avec qui tu as joué ?”

Si on leur pose trop de questions, cela donne un effet boomerang l’enfant ne pensera plus que vous vous intéressez à lui, mais que vous le gendarmez trop.

Quatrième axe éviter les réponses précipitées

Il n’y a pas que moi qui pose beaucoup de questions, les enfants aussi. C’est sans doute mon côté femme-enfant qui me rend si curieuse ? haha.

Quoi qu’il en soit même si on est tenté de répondre directement aux enfants lorsqu’ils nous posent des questions, les auteurs nous mettent en garde. Surtout si c’est une question, où vous devez donner votre avis.
Bien que l’approche vient d’eux, ils peuvent très bien mal réagir et trouver que finalement on n’a pas à leur dire quoi faire. Ou qu’ils s’agacent, sans doute parce que dans ces deux cas de figure, ils attendaient tout à fait autre chose de nous. Ils ont parfois inconsciemment la réponse à leur demande, et le fait qu’on n’aille pas dans leur sens, les frustrent. Ils peuvent également se sentir idiots de ne pas avoir trouvé la solution tant cela paraît évident.

Prudence donc. N’allez pas pour autant vous désintéresser de votre enfant en le laissant gérer seul son problème. La méthode que j’aime bien faire, c’est le “ Tu en penses quoi ?” (souvenez-vous, j’adore poser des questions.) Cela oblige l’enfant à avancer des hypothèses, bonnes ou mauvaises, dans ce cas à vous de l’aiguiller au mieux, sans lui donner l’impression que vous jouez la madame  (ou monsieur) je sais tout.

Dernièrement alors que j’expliquais à Emre pourquoi, je ne voulais pas venir avec lui et sa famille en vacances en Turquie, je lui dis que ma petite chatte attendait des bébés et que je ne voulais pas la laisser toute seule, car elle était sur le point de les faire, et qu’elle aurait besoin de moi. Je venais de mettre sans le savoir, le pied dans un terrain glissant. Car aussitôt il m’a demandé comment les bébés allaient naître, et s’il pouvait venir avec moi chez le vétérinaire.

Il y a un tel fossé culturel entre la France et la Turquie, non pas qu’ils soient moins intelligents que nous, mais l’éducation est tout simplement différente, fallait-il que je sorte, une idiotie aussi grande que celle des roses et des choux dont se servaient nos propres parents, encore jusqu’aux années 80. Ou lui révéler comment cela se passait réellement. J’ai fini par lui demander “Tu ne sais vraiment pas ? Tu n’as pas une petite idée ? ” Il m’a regardé avec son air canaille et m’a dit “par les fesses !” j’ai tenté de lui expliquer que ce n’était pas complétement faux, mais pas complétement vrai. Mais lorsque je suis rentrée dans les détails de l’anatomie j’ai compris qu’il ne savait pas que le corps des hommes et des femmes était différent. J’ai donc validé sa réponse, après tout c’est ce qui s’en rapprochait le plus. Lui expliquant que parfois, ça se passait mal et qu’il fallait aller chez le vétérinaire pour qu’il ouvre le ventre pour que les bébés puissent sortir.

Laissez donc à vos enfants le temps de penser aux éventuelles solutions, ce qui ne vous empêche pas de l’amener tout doucement à le faire par lui-même, mais faites en sorte de rester évasive dans vos suggestions.

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Cinquième axe : amenez vos enfants à trouver les réponses aux delà du foyer familial.


Avant d’en arriver à lui présenter votre meilleur ami Google et son compatir Youtube. Incitez-le à poser ses questions aux personnes concernées. Ou aux personnes de “savoir” comme l’enseignant, la bibliothécaire. Apprenez-lui à observer le monde, les gens, à parler aux autres adultes et enfants. Je sais, vous allez me dire, il ne faut pas parler à des inconnus. Oui et non, tout dépend du contexte. Lorsque vous faites la queue à la caisse, rien ne l’empêche de nouer le dialogue, ça vous fera patienter, tout comme celui de derrière.

 

 

Sixième axe : ne détruisez pas leur rêve


Un rêve c’est fragile. Laissez-le faire, avoir sa propre déception, ça le rendra plus fort. En attendant il aura compris comment mettre en place un projet, et que dans la vie, ça ne se passe pas toujours comme on le voudrait.
À un moment donné Jo voulait devenir paysagiste, il nous a fait traverser toute la France, pour se rendre dans l’établissement de ses rêves, un château digne d’Harry Potter, malheureusement il apprit qu’il n’avait ni l’âge, ni le niveau. Il a été énormément déçu, a versé sa petite larme. Mais a fini par se faire une raison. Il avait une année entière pour travailler encore plus fort, et se représenter l’année d’après. C’est ce qu’il a fait, à une exception près, il a bien augmenté sa moyenne, mais il a compris également que ce n’était pas le métier qui lui plaisait, mais le cadre exceptionnel de ce collège. Soudain il n’avait plus envie de se représenter.

 

Chapitre V : Utiliser les compliments


Si depuis des années je ne regarde plus la télévision par choix, adolescente j’y étais accro, notamment de la série “La petite maison dans la prairie”. J’adorais les valeurs inculquées par les parents. Je n’ai jamais réussi à être aussi parfaite que Charles et Caroline, mais mon leitmotiv était le suivant. “On dit bien que ça ne nous plaît pas, alors pourquoi ne pas dire lorsque ça nous plaît”. J’ai toujours complimenté Jonathan pour des petits riens, comme pour des choses beaucoup plus importantes, une bonne note, une utilisation harmonieuse d’une couleur dans un dessin, une prise d’initiative, etc.

Ce n’est qu’à la lecture de ce chapitre que j’ai compris que je faisais partie des exceptions. Je n’ai pas changé mes habitudes, je continue de pratiquer l’art de complimenter et de remercier. Pourquoi ? Parce que c’est extrêmement important pour valoriser la confiance en soi de l’enfant.
Mon ami à trois enfants. L’aîné est assez grand pour être salarié, dans le restaurant, quant aux deux autres ils donnent parfois des coups de main. Tout comme il ne me viendrait pas à l’idée de demander quelque chose à l’un d’eux sans dire “S’il te plaît”, je les remercie chaque fois de leur aide, qu’elle soit de leur propre initiative, dictée par leurs parents ou que je le leur ai demandé.
J’ai l’habitude de laisser les carafes d’eau sur les tables que je débarrasse pour ne pas déséquilibrer mon plateau. Il m’est arrivé une ou deux fois de demander à Emre de me les apporter en cuisine. L’autre jour, je vidais les assiettes afin de les nettoyer lorsque j’ai vu Emre avec trois carafes dans les bras.
“Merci mon grand, tu m’as bien aidé. Grâce à toi je vais pouvoir les remplir rapidement et les remettre au frais pour les autres clients.”

 

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J’ai également remarqué que son frère cadet avait tendance à plus m’obéir, ou m’aider, que si c’était son aîné ou ses parents qui lui demandaient quelques choses. Tout simplement parce que d’une part ils ne remercient pas, ne complimentent pas non plus, mais que leur demande se traduisent généralement par un ordre suivis du “Et dépêche toi”.

 

Il paraît que pour nous petit français le compliment n’est pas un acte acquis, il serait peut-être temps que l’on s’y mette. Quitte à copier les américains à tout bout de champs, autant les imiter intelligemment Smile

 

 

Chapitre 6 : aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêches de s’épanouir, (ou comment décoller les étiquettes).

 

J’ai longtemps cru que j’étais une ratée, une bonne à rien. A tel point que je me suis moi même mis, sans m’en apercevoir, en situation d’échec à chaque fois que j’entreprenais quelque chose. Surtout si cette activité me plaisait.

Pourquoi ? Parce que mon père n’arrêtait pas de me dire que j’étais une bonne à rien, maladroite (il n’a pas tord je suis une vraie Gaston Lagaff en jupon) si vous avez fouillez un peu du côté des articles traitant de la dyslexie, vous savez maintenant qu’un dys est généralement maladroit. Idiote, il n’y a qu’à voir mes résultats scolaires. etc.

Oh je ne vaux guère mieux que lui, mon fils est persuadé qu’il est nul. J’ai dû lui mettre ça en tête sans m’en rendre compte. Moi ou un adulte qui compte beaucoup à ses yeux.

Étiqueter un enfant c’est renforcer le côté que l’on met en avant, qu’il soit bon ou mauvais.
Alors comment aider un enfant à se débarrasser de l’étiquette dans laquelle il est enchevêtré ?

Tout simplement comme s’il n’y était plus
. Est-ce aussi facile que ça ? Oui, ça l’est.


Émilie du haut de ses 10 ans a une dysorthographie sévère. C’est la première chose que sa maman m’a dite lorsqu’elle m’a contacté par email.

 

Ma fille de 10 ans est très dysorthographique”, ce n’est qu’à la fin de son mail que j’ai su qu’elle s’appelait Émilie, mais il m’a fallu lire onze lignes avant de mettre une identité autre que “dysorthographique” dessus.
Comme elle me demandait comment aider sa fille, je lui ai dit de commencer par arrêter de dire qu’elle était dysorthographique, mais de dire “Émilie à parfois du mal avec l’orthographe”, et de le lui dire : “oui je sais que tu as parfois du mal avec l’orthographe, mais tu es courageuse, et je suis fière de toi, car tu veux faire des progrès et que tu ne ménages pas tes efforts pour y arriver.” Je lui ai demandé de le lui répéter chaque jour. Plusieurs fois si elle le pouvait, mais également de le dire autour d’elle à la maîtresse aux grands-parents etc.
J’ai suivi Émilie et sa maman, depuis le mois de mai, son orthographe (comme la mienne) n’est pas devenue subitement parfaite. Mais elle a fait réellement de gros efforts à tel point que sa maîtresse lui a donné les félicitations et les encouragements. En appliquant ma méthode, plus la petite phrase d’encouragement, Émilie reprend peu à peu confiance en elle, et ça commence à se voir dans ses résultats.

 

Pour sortir votre enfant de son étiquette vous avez 5 petites astuces pour vous y aider.



1) Donner à votre enfant une autre image de lui-même
chaque fois que vous en avez l’occasion exemple avec Émilie : Wouha tu es courageuse, et tu as réussi à retenir plus de mots que la fois d’avant. Tu vois ton orthographe s’améliore.



2) Mettre l’enfant dans une situation, où il se verra différemment


Dans le cas d’Émilie, cette petite phrase lui montre qu’elle n’est pas différente de ses camarades. De plus sa maman, appliquant un de mes conseils, lui demande régulièrement “flûte je ne sais plus s’il faut de “m”a ce mot, tu peux regarder Émilie. Ainsi la fillette se précipite sur google grâce au portable de sa maman, et lui donne la réponse en peu de temps, de plus, bien souvent elle retient son “écriture” sans même sans rendre compte.

 

3) Modeler l’attitude que l’on voudrait voir

Les enfants aiment bien imiter les adultes. Jonathan avait l’habitude d’éparpiller son pyjama (et son linge) partout dans la maison. Le pantalon d’un côté, la veste de l’autre, sans oublier la tenue de la veille.

J’ai souvent glissé des petites phrases anodines lorsqu’il était dans les parages :

“Attends je range mon pyjama, pour le retrouver ce soir, et j’arrive”, “aujourd’hui je vais mettre ce tee-shirt, du coup je met l’autre dans la machine.” Au bout d’un certain temps dès que je prononçais la seconde phrase, il me disait “attends moi aussi j’ai du linge à mettre dans la machine”, et il m’apportait ses chaussettes et autres vêtements ou sous-vêtements.

 

4) Etre la mémoire de ses réussites

Pas facile lorsque l’on est une maman dyslexique, car la mémoire, c’est justement ce qui nous fait défaut. Rappelez-lui une attitude, une initiative qu’il a eu et qui vous a rendu fier.

“N’empêche l’autre jour, heureusement que tu étais là, sinon j’oubliais ce dossier important pour mon RDV.”

“Sans toi, j’aurai oublié de t’emmener chez l’orthophoniste, je ne me rappelais plus qu’elle avait décalé le rendez-vous.”

etc…

 

5) Lui rappeler nos attentes lorsqu’il retombe dans ses travers
J’aimerai biens que tu n’oublies plus ton sac de sport, je n’aimerai pas avoir à expliquer une nouvelle fois à mon patron, pourquoi je dois sortir avant l’heure pour aller chercher tes affaires à la maison.



Évidemment tout ceci n’est pas évident au quotidien. J’en ai conscience
. Mais n’oubliez pas non plus à quel point vous êtes fantastiques. Mettez en place un vrai plan d’action, en choisissant une de ces 6 grandes étapes à mettre en place. Tentez là, pendant 30 jours consécutifs. Puis regardez s’il y a eu du changement dans l’attitude de votre enfant. Est-ce devenu une habitude ? Oui, alors passez à un autre étape, et ainsi de suite.

 

Dans le cadre de la bibliothérapie, bien évidemment je conseillerais la lecture de ce livre à tous les parents qui se sentent dépasser par l’attitude de leur enfant.

 

 

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