Qu’est-ce que la dyslexie

La dyslexie
L’alphabet vu par un “normal” et par un “dyslexique”

 

 

 

Je ne suis ni médecin, ni orthophoniste, du coup pour vous offrir la définition de la dyslexie, je me suis tournée vers l’OMS

Définition de la dyslexie selon l’OMS :

la dyslexie est un trouble spécifique de la lecture. Il s’agit également d’un trouble persistant de l’acquisition du langage écrit caractérisé par de grandes difficultés dans l’acquisition et dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit (lecture, écriture, orthographe…).

La dyslexie touche entre 8 à 10% des enfants selon l’OMS et touche 3 fois plus les garçons que les filles.

 

Pas médecin, ni orthophoniste, juste une DYS. Alors j’ai voulu en savoir plus sur ces troubles. Je me suis formée et informée.Il existe plusieurs troubles Dys, nous les verront en détail à tour de rôle.


Qu’est-ce que la Dyslexie

 

Mieux connaître la dyslexie, pour mieux l’appréhender

 

Généralement, la dyslexie désigne un trouble durable du langage écrit affectant la lecture, l’orthographe et aussi l’écriture.

On parle de dyslexie lorsque les troubles touchés sont ceux de la lecture.Et de dysorthographie lorsque c’est l’acquisition de l’orthographe qui est touchée. (comme pour moi). Mais je reviendrai en détail sur la dysorthographie, dans un prochain article, ne vous inquiétez pas 🙂

ces troubles persistent, généralement dans le temps. C’est pour cela que l’on parle de trouble durable. La dyslexie est un trouble neurologique, en fait.

 

Cependant, on ne parle de dyslexie qu’après deux années de retard dans l’apprentissage de la lecture. Soit en début de ce2. Avant on parle de troubles du langage écrit, on peut soupçonner une dyslexie, dire que l’enfant a une prédisposition. Mais avant la fin du Ce1/début du Ce2, elle ne sera pas notée comme telle dans un bilan.

En CP, lors de l’apprentissage et en Ce1, lors des débuts de la lecture, un enfant peut présenter des symptômes similaires à la dyslexie et faire des inversions. Ces difficultés normales (et courantes) ne deviennent pathologiques qu’au-delà du Ce1.

 

Les erreurs de lecture au départ ne sont guère différentes entre un normo-lecteur et un dyslexique, certaines lettres ne sont pas décodées, d’autres sont permutées, ou encore substituées, on retrouve également des confusions phonologiques (t,d,p,b) ou visuelles (m,n ; p, q).La différence est que chez l’enfant dyslexique les erreurs sont nettement plus nombreuses et dureront bien au-delà des premiers mois de CP (c’est après février/mars qu’il faut commencer à s’interroger).

 

La dyslexie va bien au delà de l’apprentissage de la lecture, il s’agit surtout d’un déficit du traitement phonologique.

Il convient alors de faire passer un bilan orthophonique qui laissera sûrement apparaître un déficit du traitement phonologique ou métaphonologique laissant supposer un risque important de dyslexie.

 

Pourquoi parle t’on d’Habilités phonologiques et métaphonologiques ?

 

Il est important d'apprendre de bonne heure la phonologie
Il est important d’apprendre de bonne heure la phonologie

A quoi correspondent t’elles ?

 

La conscience phonologique :

 

Il s’agit de l’habileté à identifier et distinguer les sons. La base  essentielle à l’apprentissage de la lecture. Hors comme souvent, les points de vue des différents spécialistes divergent, car les habiletés phonologiques touchent un domaine très large.

Cependant, l’habilité, ou, la conscience phonologique, n’est en aucun cas une méthode d’apprentissage, de la lecture. Puisque comme le montre l’image, ci-dessus, il ne s’agit que de répéter les sons, qui compose un mot.

Le saviez-vous ? En français, il existe environ 36 phonèmes qui peuvent être agencés pour former n’importe quel mot de la langue. 

Si certains scientifiques croient, que les habilités phonologiques sont liées à l’apprentissage de la lecture. D’autres en revanche, constatent qu’il ne s’agit en fait, que de jeu de mémorisation.

 

L’habilité métaphonologique :

Lorsque je me suis penchée, sur le problème de la dyslexie, j’ai été envahie, par une tonne, de therme, qu’il m’a fallu étudier. Parfois, les définitions étaient telles, que je m’en arrachais les cheveux.

Alors pour faire simple, voir très simple, la métaphonoligie, est la faculté de jouer avec les mots. J’ai bien conscience qu’il y a très peu de différence entre la phonologie, et la métaphonologie. Mais cependant, cette dernière, diffère de sa consœur. 5 points essentielles les distinguent : le jugement, l’inversion, la segmentation, la fusion, et la manipulation.

 

Ca y est, je vous ai perdu ? Rassurez-vous, pour la dyslexique que je suis, ce passage, a pris du temps également, avant d’être compris.

 

Alors faisons plus simple

 

Voici quelques exemples :

 

Exemple de tâche de fusion : assembler des unités syllabiques ou phonémiques. Le résultat de la fusion de ca-cha-lot est cachalot. La fusion des phonèmes c.e.r.i.s.e est cerise. On peut aussi travailler avec des non-mots (des mots qui n’ont pas de sens). Cette tâche est généralement plus facile avec des syllabes qu’avec des phonèmes sauf quand la structure syllabique est complexe.

Exemple de tâche de segmentation : séparer les syllabes ou les phonèmes en unités isolées. La segmentation syllabique de cachalot est ca-cha-lot. La segmentation phonémique de cerise est c.e.r.i.s.e. On peut aussi travailler avec des non-mots. Cette tâche est généralement plus facile avec des syllabes qu’avec des phonèmes sauf quand la structure syllabique est complexe.

Non, non rassurez-vous, je ne suis pas saoule, et j’ai bien mis deux fois la même chose. Puisque cela revient au même. Mais comme pour tout, pourquoi, faire simple, quand on peut faire compliqué Smile with tongue out 

Les problèmes les plus fréquents rencontrés chez les dyslexiques sur le plan du décodage comme par exemple papa donnera : que, d’abord il lira le p, puis il lira le a, et enfin le pa, il lui faudra décomposer la syllabe, en 3 (voir les copains du haut). Malheureusement si ce n’était que ça, ça irait. Mais il y a le problème des sons, et des lettres trop proches. Qui compliquent la vie du dyslexique.

  • les confusions auditives ou phonétiques

– m et  n,

– u, p, b, d, q

– g, s et ch,

– f et v,

– a et an,

– a et o,

– u et ou,

– on et o,

– un et u,

– in et i);

Les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v) sont remplacées par les consonnes occlusives (t, k, p, d,g).

Les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) sont remplacées par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s).

Ces confusions ne sont pas systématiques et selon les moments, l’enfant peut lire correctement ou substituer une lettre à une autre lettre.

  • des inversions  de lettres, inversion de syllabe, de certains mots (or/ro, cri/cir, on/no, bras/bar);
  • des omissions (bar/ba, arbre/arbe);
  • des adjonctions (paquet/parquet, odeur/ordeur, poltron/polteron », escapade/cascapade »);
  • des substitutions (chauffeur/faucheur);
  • de la contamination (dorure/rorure, palier/papier);
  • une lecture du texte lente, hésitante, saccadée, avec un débit syllabique;
  • une difficulté à saisir le découpage des mots en syllabes, une ignorance de la ponctuation.

 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Quand la phonétique prend forme

Les tests de Liberman, Shankweiler, Fisher et Carter :

Test de Liberman
Liberman

L’un des premiers travaux sur le développement métaphonologique a été réalisé par Liberman, Shankweiler, Fisher & Carter en1974. Ces auteurs ont demandé à des enfants de 4, 5 et 6 ans, de compter soit le nombre de syllabes, soit le nombre de phonèmes que comportait un énoncé.

Pour réaliser la tâche, l’enfant devait isoler mentalement ces unités.

Les résultats ont montré que seul le groupe de 6 ans pouvait réaliser la tâche phonémique. Le comptage des syllabes était relativement bien réussi déjà à 4 ans. Les enfants de 6 ans étaient les seuls à avoir entamé l’apprentissage formel de la lecture.

Ces résultats ont été très largement confirmés et élargis par la suite.

Notamment par Alegria & Morais en 1979 et1989. Puis par Byrne en 1992. Ainsi que Gough & Juel ; Perfetti ; Stanovich, en1989.

 

L’augmentation soudaine de performance observée par Liberman et alegria. (1974) dans la tâche de comptage de phonèmes à l’âge de 6 ans pourrait résulter soit de l’enseignement de la lecture, soit d’un processus de maturation psychologique qui a lieu aux alentours de 6 ans.

Trois sources convergentes d’information favorisent la première interprétation. La première provient d’une série de travaux réalisés avec des adultes illettrés.

Si la conscience phonémique se développait en dehors des exigences explicites qu’impose la compréhension du principe alphabétique, les illettrés devraient posséder cette habileté. Les expériences ont montré qu’ils étaient incapables de faire des opérations portant sur des phonèmes comme ajouter ou supprimer le phonème initial d’un énoncé.

Par ailleurs, leur performance dans des tâches similaires mais portant sur d’autres unités phonologiques (par ex. syllabes, rimes, etc.) était nettement supérieure (Morais, Cary, Alegria & Bertelson, 1979 ; Morais, Bertelson, Cary & Alegria, 1986).

La deuxième source d’information à ce sujet vient de travaux similaires portant sur des lecteurs chinois alphabétiques et non alphabétiques. Ces derniers connaissaient exclusivement le système d’écriture chinois. Les autres, outre ce système, connaissaient le pin-yin, représentation alphabétique du chinois (Read, Zhang, Nie & Ding, 1986) ou avaient appris à lire dans une langue à écriture alphabétique (Bertelson & de Gelder, 1991). Les résultats ont révélé que seuls ceux qui avaient été confrontés à un système alphabétique atteignaient des performances élevées dans les tâches impliquant la manipulation explicite de phonèmes.

La troisième source d’information vient des travaux réalisés avec des enfants de 6 ans apprenant à lire suivant une méthode globale stricte. Les résultats ont indiqué que ces enfants présentaient des difficultés similaires à celles des illettrés et des lecteurs chinois non alphabétiques dans des opérations portant sur les phonèmes uniquement.

 

Exemple de texte lu par un dys et un normo lecteur
Un énoncé de mathématique peut-être une vraie difficulté pour un enfant dyslexique

 

 

 

Sur le plan de la compréhension, le dyslexique ne saisit qu’un sens partiel, ou pas de sens du tout, de ce qu’il a déchiffré.

Le message du texte lui échappe totalement ou partiellement. Généralement, il n’aime pas lire et a des difficultés dans les autres matières qui font appel à la lecture ou à l’écrit comme par exemple en mathématiques lors de la lecture d’énoncés ou de problèmes dont il ne comprendra pas le sens tout en ayant parfaitement acquis la notion demandée.

 

 

Le test du Poucet

 

Il s’agit d’un test étalonné (c’est-à-dire que l’on fait un comparatif entre des enfants du même âge) ce qui permet d’apprécier le degré de dyslexie à partir de deux critères :

–              le nombre d’erreurs au cours de la lecture

–              le temps de lecture.

 

 

« Le Poucet.
Robin est petit comme un pouce.
Il habite la forêt dans une jolie petite cabane pas plus grande qu’un nid.

Il s’amuse avec ses amis les oiseaux et les animaux du bois. Un jour, il alla le matin faire une promenade bien loin.

Un soir que la pluie l’obligeait à s’abriter sous un gros champignon, il rencontra un lièvre. Alors, il grimpe sur son dos. Il s’accroche à ses longues oreilles. Le lièvre s’élance. Il court vite. Le Poucet craint de glisser. Soudain, ils s’arrêtent : attention au chasseur ! Sauvons-nous dans ce buisson. « Quel poltron! » pense Robin qui veut poursuivre son escapade. »

Lu par un enfant dyslexique, le texte devient :

« Le son te.
Co din est pe tite comme un pu ce

il cha te la pe dans une jaune petiteca dan pas lune que din ni… »

Le temps de déchiffrage normal est de 1 minute et 20 secondes.

On parle de retard modéré à 2 minutes.

On parle de retard important à plus de 3 minutes.

Les erreurs sont prises en compte les pauses aussi, les auto-corrections…

 

L’enfant aura alors tendance à développer un dégoût pour l’écrit (écrire « juste » est tellement compliqué), certains même écrivent mal afin de dissimuler leur fautes d’orthographe (ça doit être pour ça que j’ai une écriture de toubib, comme dit ma famille. Cela veut-il dire que les toubibs sont dyslexique ? Faudra que je me penche sur la question), s’en suit alors, un désintérêt petit à petit pour toutes les matières où il faudra lire.

L’enfant fatigue, le travail se fait lentement, il n’arrive pas à transcrire sa pensée. (On comprend donc l’intérêt d’une prise en charge et du diagnostic de la dyslexie). L’enfant est alors en souffrance et il est nécessaire d’alléger celle-ci.

 

En découle généralement une dysorthographie (trouble de l’orthographe) que l’on repère par

des fautes d’orthographe et des difficultés à l’écrit semblables à celles de la lecture

d’autres anomalies particulières à la mise en écrit (encodage);

des erreurs de copie (des mots);

des économies de syllabes (semblable/semble);
des découpages arbitraires (l’ égume, il sé lance);

des omissions (bébé/bb, liberté/librt);

des mots soudés (parceque,parce que, son nid/soni/ les épis, lézépi); “Parce que”, même à l’heure actuelle, je le marque encore régulièrement soudé, j’ai beau le savoir, c’est plus fort que moi.

– des fautes de conjugaison, de grammaire, d’analyse;

– une lenteur d’exécution, des hésitations.

 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  5,5 Façons d'aider son enfant dys, dans son cursus scolaire, sans devenir chèvre !

Q'est-ce que la dyslexie ?

On reconnaît 3 formes cliniques à la dyslexie :

 

1) la dyslexie phonologique : l’atteinte se situe au niveau de la voie phonologique. La maîtrise des règles de conversion graphème-phonème est déficitaire avec des erreurs de type : substitutions, erreurs d’ordonnancement, lexicalisations des non-mots (“chein” à la place de “chien”). En revanche, la lecture de mots réguliers et irréguliers familiers est relativement préservée.

2) la dyslexie de surface: l’atteinte de la voie lexicale. La reconnaissance visuelle globale des mots est déficitaire et la lecture repose principalement sur la voie phonologique : chaque mot est déchiffré laborieusement d’où une lenteur importante. On retrouve des erreurs de régularisation des mots irréguliers, ex : « outil » lu « outile » ; en revanche, la lecture des mots réguliers est relativement préservée.

Cependant, il serait faux de penser, que chaque enfant, n’est atteint que par un seul aspect de la dyslexies, ce serait bien trop facile. Il n’est pas rare qu’ils aient des dyslexies mixtes.

 

3) La dyslexie visuo-attentionnelle : l’atteinte se situe au niveau du système d’analyse ou de reconnaissance visuelle. entraînant des erreurs visuo-attentionnelles, ainsi que des sauts de mots, de ligne, un mauvais balayage oculaire, des retours en arrière et une détérioration au fil de la lecture.

 

On reconnaît 4 formes cliniques de dysorthographies: (Je reviendrais plus en détails sur la dysorthographie, dans un prochain article)

 

1) Troubles de transcription phonologique : erreurs auditives par substitutions entre sons proches (confusions sourdes/sonores : gâteau -> câteau…), par assimilations (sachant -> chachant…) ou par substitutions de mots (sentier -> chemin, le -> les…); erreurs visuelles (chemin -> chenin…); inversions (sept ->step…); erreurs au niveau du code phonologique par non respect des règles combinatoires ou par méconnaissance de graphies complexes (ill, gn, oi…)

2) Troubles au niveau du contrôle sémantique : erreurs d’homophones (a/à, vert/vers…); erreurs de découpage (lendemain -> lent de main, n’osèrent -> nosèrent…)

c) Troubles au niveau des compétences morphosyntaxiques : confusions entre catégories grammaticales (pour les nourrir -> pour les nourrires…); difficultés dans l’utilisation des marqueurs syntaxiques, que ce soit au niveau nominal (genre, nombre), au niveau verbal (suffixation, pronominale, temporelle, modale)

d) Troubles portant sur le lexique orthographique avec mauvaise mémorisation de l’orthographe d’usage même pour des mots familiers et fréquents. (héhé comme mon parce que Winking smile )

 

 

Les dyslexies/dysorthographies sévères se manifestent généralement dès le cours primaire, alors que les atteintes plus légères peuvent passer longtemps inaperçues et ne se révéler qu’ultérieurement.

 

Elles peuvent également passer inaperçues plus longtemps chez les enfants EIP (Enfant Intellectuellement Précoce).

 

La dyslexie peut passer inaperçue chez un enfant intellectuellement précoce

Dyslexique, et non paresseux !

Vous trouvez que ça ressemble à un coup de gueule ce titre ? eh ben c’est peut-être que s’en est un !

A mon époque, on ne parlait pas encore de dyslexie. Ni d’ailleurs de tout ce qui n’était pas “socialement correcte”. On était bien loin de la télé, montrant du sexe pour vous vendre une glace, ou une auto.

Les choses bougent, c’est indéniable. Mais elles avancent à la vitesse d’une tortue.

Pour de nombreux parents, faire face à la dyslexie n’est pas chose facile. Pour certains enfants, le trouble n’est jamais diagnostiquer et l’école préfère souvent ne pas s’y attarder.

pour d’autres les solutions ne sont pas adaptées et les progrès souvent très limités. Les parents sont souvent démunis et sans réponse face à cette situation.

Suis-je une maman parfaite, loin de là ! C’est d’ailleurs, lorsque l’on a diagnostiqué, mon fils de dyslexique, que j’ai compris que je souffrais, des mêmes maux. C’était un enfant précoce, première dent à 6 mois, il marchait tout seul à 1 an. Le seul soucis était la prononciation. Mais par instinct maternelle, ou par complémentarité dyslexique, bizarrement je le comprenais parfaitement. Et le reste de mon entourage, me disait qu’il ne pouvait pas être en avance sur tout. Je ne remercierais jamais assez, sa maîtresse de petite section, et le médecin scolaire.

Elles m’ont non seulement mis la puce à l’oreille. Si vous avez lu, le texte de cet article en entier, vous avez compris, qu’il était encore trop tôt pour parler de dyslexie, mais uniquement de prédisposition à cette dernière. Mais en parlant avec elles, j’ai compris, ou du moins, elles m’ont fait comprendre que je souffrais du même problème que lui. Ce qui était difficile à croire, puisque j’adore lire.

Cependant depuis toujours mon parcours scolaire, était un vrai fiasco, manque de concentration. Exercice, peu ou pas compris. Enoncés erroné. Leçons oubliées, aussi vite, qu’elles étaient apprises.

Ce qui m’a value des moqueries en tout genre de la part de mes camarades. D’être traité de feignante et de bonne à rien, par mon entourage. J’ai longtemps pensé que c’était mérité puisque j’étais nulle.

D’avoir mis des mots sur mon problème, ne m’a pas permis d’être à l’aise pour autant. Il y a encore quelques années, j’ai malencontreusement, confondu le mot rhume et rhum, lors d’un commentaire, sur un célèbre forum littéraire. Une fille c’est carrément défoulée sur moi. Je me suis dis que c’était normal, puisqu’elle faisait des études de vétérinaire, elle était forcément plus intelligente que moi.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu  Dyscalculie, 11 signes qui doivent vous mettre la puce à l'oreille

Mais le jour, où ma famille, s’en est pris à mon fils, le traitant de paresseux, j’ai compris que cela ne servait à rien, de rentrer dans ma carapace. Il était temps que je m’assume. Ne serais-ce que pour montrer l’exemple à mon fils. Il m’a fallu 20 ans pour assumer mon handicap, lorsqu’on me l’a diagnostiqué.

 

Alors s’il vous plait, si votre enfant, accumule un retard important dans la parole, (même s’il est précoce pour tout le reste). Si vous passez vos soirées, et vos dimanches soirs, a batailler dur, surtout si votre enfant est en école primaire, si les devoirs finissent en crises de larmes. Si vous voyez que votre enfant ne vous écoutent pas, que vous avez l’impression qu’il est à l’école, qu’en “touriste” comme disaient certains de mes profs. S’il ne retient pas plus de quelques secondes, ce qu’il vient de voir, notamment les lettres de l’alphabet.

Avant de penser qu’il est faignant, demandez-vous, s’il n’est pas tout simplement dyslexique !

 

 

Que conseille-t-on alors de faire ?

Faire passer un bilan orthophonique.

Faire passer un test du QI.

Faire passer un bilan ORL (un déficit auditif peut être à l’origine d’un problème phonologique).

Faire passer un bilan ophtalmo et orthoptique.

Il est important de faire un bilan multidisciplinaire.

 

 

 

 

 

Les aménagements scolaires :

 

 

La loi du 11 février 2005 fait obligation pour les enfants dyslexiques au même titre que pour tout enfant handicapé :

– d’assurer à l’élève, le plus souvent possible, une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile ;

 

d’associer étroitement les parents à la décision d’orientation de leur enfant et à toutes les étapes de la définition de son projet personnalisé de scolarisation (P.P.S.) ;

de garantir la continuité d’un parcours scolaire, adapté aux compétences et aux besoins de l’élève ;

de garantir l’égalité des chances entre les candidats handicapés et les autres candidats en donnant une base légale à l’aménagement des conditions d’examen.

Les enfants dyslexiques peuvent bénéficier d’aménagements scolaires à la fois dans leur scolarité quotidienne et pour la passation des contrôles et des examens (Tiers temps supplémentaire pour le Brevet des collèges, le Baccalauréat…).

 

Quelques exemples d’aides proposées:

 

lire les énoncés et /ou les reformuler afin de s’assurer de la compréhension des consignes ;

– favoriser les évaluations orales dès que possible (essentiellement pour les langues étrangères qui restent un apprentissage difficile pour les dyslexiques) ;

– ne pas pénaliser pour l’orthographe

– prévoir une évaluation personnalisée, pas de notes pour les dictées mais un système de notation lui permettant de juger de ses progrès.

– utiliser des exercices à trous, des QCM…

– fournir des cours photocopiés, aérés, surlignés, avec mise en évidence de l’essentiel

favoriser l’écoute et la mobilisation d’attention sur le contenu du cours en classe

– réduire le nombre d’exercices lors des contrôles et pour les devoirs

– lui apprendre à organiser son travail, à planifier…

Il faut reconnaître les difficultés de l’enfant, lui laisser du temps, le valoriser, le mettre en confiance…

L’avenir

 

Léonard de Vinci, w. Churchill, Albert Einstein de célèbres dyslexiques

 

 

Mauvaise nouvelle on ne guérit pas de la dyslexie, bonne nouvelle, on peut très bien devenir aussi célèbre que les trois personnalité de la photo, ou plus populairement pour les français de Johnny Halliday Winking smile

 

L’évolution des troubles dépendra de plusieurs facteurs :

– le type de dyslexie / dysorthographie et sa sévérité

– la précocité du diagnostic

– la régularité et la fréquence des prises en charge

– le partenariat avec la famille, les différents intervenants et le milieu scolaire

– les soutiens apportés afin de maintenir une motivation face à l’échec scolaire.

Dans les formes légères à moyennes, les troubles dyslexiques et dysorthographiques se réduisent sans disparaître totalement et sans compromettre la scolarité en milieu ordinaire ni la poursuite d’études secondaires, même s’il persiste une faiblesse à l’écrit.

 

Dans les formes plus sévères des orientations scolaires spécialisées pourront être proposées: CLIS Dyslexie, Ulis Dyslexie… ainsi que des orientations professionnelles en fonction des centres d’intérêt du jeune.

En conclusion, la précocité du diagnostic, la régularité d’un suivi spécifique et la mise en place de mesures pédagogiques adaptées permettent actuellement à la plupart des dyslexiques de suivre un cursus scolaire normal, sans compromettre leur insertion sociale et professionnelle.

 

Vous pouvez en complément de cet article voir l’interview de Silène Edgard, auteure spécialisé dans la dyslexie, elle explique notamment comment, on été conçus les romans adaptés aux DYS, de chez Casterman

 

Ce qu’il faut retenir ? La dyslexie, ne sera pas reconnue en tant que telle avant le CE2. L’enfant dyslexique n’est pas un enfant paresseux, ni attardé. Mais quelqu’un qui souffre d’un trouble neurologique, qui bloque son apprentissage. La dyslexie, est une pathologie que l’on garde à vie, mais qui ne nous empêche pas de vivre. Elle offre des dons tellement particuliers que certains dyslexique sont devenus célèbres. Alors ne baissez pas les bras.

 

 

Le sujet vous a intéressé, vous avez des questions ? Ou j’ai oublié quelques choses ? N’hésitez pas à me le mettre en commentaire, vous pourrez ainsi aider d’autres lecteurs.

 

 

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